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Le blog d'Erwan et Angélique, récit de nos pérégrinations étape par étape

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20 avril 2009

Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage...

Hue, classe au patrimoine mondial de l'Unesco, nous a conquise par la beaute de sa citadelle. Son histoire remonte au debut du 19eme siecle avec la dynastie des empereurs N'Guyen, mais les travaux de restauration en cours temoignent des bombardements et des cyclones qui s'y sont acharnes. Tout cela laisse presager de l'immense beaute des lieux en fin de travaux.

detail_citadelle_Hue

Une centaine de kilometres plus bas, personne ne saurait resister a Hoi An, ancien comptoir chinois au 14eme siecle, puis l'un des principaux ports de commerce d'Asie du Sud-Est. Du port, il ne reste que quelques bateaux prets a embarquer les touristes, mais l'inspiration chinoise melee a l'architecture coloniale, le tout remarquablement conserve, lui confere un charme irresistible.

Tam_Tam_cafe__Hoi_An

A 4 km de la, une jolie ballade a velo nous mene a la plage de Cau Dai, longue bande de sable blanc qui en ferait rever plus d'un... Mais les complexes hoteliers luxueux y poussent comme des champignons!

riviere__Hoi_An

Enfin, on ne peut parler du Vietnam, et en particulier du centre, sans evoquer ses atouts culinaires, ceux qui remporteront les trois toques du guide "les galets bleus 2009". Rouleaux de printemps a la vapeur, rose des sables, poisson savamment mijote dans un pot en ceramique ou grille dans une feuille de bananier...

500 kilometres encore plus bas (et ouais le dragon est sacrement long), un ultime et dernier bus de nuit nous permet de rejoindre Nha Trang, point de chute strategique entre Hoi An et Ho Chi Minh ville.. rien de plus. Ah si, c'est quand meme dans l'institut Pasteur de la ville qu'avait elu domicile le professeur Alexandre Yersin apres avoir decouvert le germe responsable de la peste, pour ne pas le nommer Yersinia Pestis, un peu plus loin du cote de Hong Kong.

Et c'est donc a Saigon que notre periple prend fin. Ho Chi Minh, 10 millions d'habitants, 6 millions de deux-roues et poumon economique du pays... A mi-chemin entre Phnom Penh et Bangkok, on y retrouve d'ailleurs la chaleur impitoyable de ces deux capitales. On en gardera surtout, comme beaucoup, l'image d'une ville pleine de frenesie ou la circulation des scooters customises y est dantesque!

Avant de partir, on retrouve comme promis le Mekong, pour une excursion dans son delta, grenier a riz et a primeurs du pays. Contrairement aux 4000 iles du Laos, on ne parlera pas ici de calme et volupte mais d'une activite intense.

Big_brother_is_watchng_to_you__Delta_du_mekong

Et quand les pecheurs ne s'occupent pas de leurs fermes a poissons, ils se transforment vite en bateliers, musiciens, serveurs et autres, pour les nombreux touristes qui s'y aventurent... Les Vietnamiens, peuple de commercants, ont cette particularite de travailler en permanence, et quand les horaires des bureaux sont boucles, chacun change de casquette et devient vendeur de lunettes, de livres ou de "street-food"... "business is business" comme ils aiment le reconnaitre! 

Rameuse__Delta_du_Mekong

Maintenant qu'il est temps de poser nos sacs, et avant qu'un taxi nous avale direction l'aeroport, c'est refugies dans un cafe climatise du centre que nous passons nos derniers instants asiatiques. De la, nous contemplons dans le retroviseur le chemin parcouru. Qu'il fut bon de voyager si longtemps, de croiser tant de peuples et de culture, quelques fois si differentes que nous en etions destabilises. Cette sublime parenthese dans notre vie, qui plus est a son commencement, en nous laissant le temps de poser notre regard sur une foultitude de choses, nous aura, on ne dira pas a l'heure de l'omnipresence de l'information ouvert les yeux, mais sans doute permis d'associer a nos connaissances du monde asiatique le vecu. Celui dont ces derniers mois, ne soyons pas presomptueux, ne nous ont permis que de degrossir quelque peu ces incroyables cultures, la il faudrait des annees pour pretendre ne serait-ce que s'en approcher.

Pour conclure, esperons que ce petit bout de chemin nous aura rapprocher de valeurs plus humaines, sans pour autant nous meprendre sur la realite du monde. Aussi belles soient-elles, les histoires finissent souvent devant le terminal 2 d'un aeroport, et nous n'y manqueront pas...

Sac_a_dos

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10 avril 2009

En Avril ne te decouvre pas d'un fil ....

Au Vietnam depuis plus de deux semaines, les etapes se suivent mais ne se ressemblent pas. Seul fil conducteur, le temps: plusieurs orages mais pas un jour de ciel bleu... On a meme redecouvert les joies du rhume!
23 mars 2009, le passage de la frontiere de Tay Trang, la plus septentrionale entre le Laos et le Vietnam fut une fois de plus epique. Huit heures pour effectuer 80 kilometres, mais surprise les douaniers sont forts sympathiques et nous apprennent nos premiers, mais neanmoins essentiels, mots de vietnamiens a savoir:  "bonjour", "au revoir", "merci", "combien ca coute?". Puis apres une nuit a Dien Bien Phu et deux jours sur les pistes caillouteuses du nord, nous approchons de Sapa. Approcher ne veut pas dire apercevoir, car nous sommes bel et bien dans les nuages et il nous faudra encore deux jours de patience avant de distinguer le moindre sommet. Le nord du Vietnam est peuple d'une multitude d'ethnies, d'origine et de langue parfois extremement differentes et qui se distinguent par leurs coutumes vestimentaires. Les plus frequemment rencontres sont les Hmong noirs, aux vetements a dominante indigo et les Dao, reconnaissables a leur coiffe rouge.

Vendeuses_Hmong__Sapa

Sapa, petite cite des montagnes avec son air de Chamonix (On comprend pourquoi on parlait a l'epoque indochinoise des "Alpes Tonkinoises"), ou entre les averses, on profite de belles ballades, au milieu des rizieres en terrasses, en discutant avec les femmes "Hmong". Adorables mais la discussion n'est jamais desinteressee! Comme souvent, l'objectif est de nous vendre un "petit quelque chose", pas forcement traditionnel d'ailleurs puisque qu'elles soient d'origine Hmong, Muong, ou Dao, c'est a peu pres la meme chose, sans doute issu de l'usine locale. Dommage, puisque les reels tissus traditionnels sont magnifiques.
L'express de la reunification nous conduit en gare d'Hanoi apres 10 heures de trajet sur un siege en bois entoures de commercants vietnamiens qui font la navette avec la Chine pour rapporter portables et autres objets "made in China". Precisons que la biere coule a flot, et que les vendeurs de the et de pipe a eau (pipe a opium reconvertie dans le tabac) font recette.

Train_Hanoi_Sapa

Hanoi, la capitale nous offre de belles ballades dans les rues de sa vieille ville et on s'amuse a traverser ses rues a theme a la recherche de celle qui nous permettra de trouver drapeaux et bobine de fil afin de customiser nos sacs. On y rencontrera aussi Marie-Jo et Daniel, jeunes retraites du sud-ouest qui, apres avoir ecume l'Amerique du Sud, ont la chance de passer cet hiver sous le soleil vietnamien (ce n'est pas une blague, il parait qu'ils en ont eu.. quoique avec les gens du sud, faut parfois se mefier...) et ils ont bien raison!. Grace a eux, on sortira aussi de ce voyage un peu plus intelligent, car on sait desormais jouer au Rami. Un bon moyen de passer le temps les jours de pluie, et ils sont nombreux! On decouvre enfin le musee d'ethnologie, realise en partenariat avec le musee de l'homme a Paris, et remarquablement reussi... et on ne dit pas ca pour excuser Angelique d'y avoir vomi les calamars de la veille.

Temple_de_la_litterature__Hanoi

Pour le premier avril, nous devions partir en excursion pour deux jours en baie d'Halong, mais les poissons d'Avril vietnamiens sont caustiques... En effet, le chauffeur du minibus nous a oublie et nous avons du hausser le ton pour se faire rembourser. De rage, on decide de rejoindre la gare routiere d'ou part le bus local pour Halong... 4 km sous une pluie torrentielle, bienvenue au pays du poncho! Apres 6 heures sur des ballots, bien coinces au fond du bus, il nous depose encore une fois au bord d'une bretelle d'autoroute, devant une bonne dizaine de moto-taxi a la solde des hotels du centre. L'excursion reservee a Halong meme n'avait rien a voir avec celle que nous devions realisee initialement, bien au contraire, mais meme sous la brume et dans ces conditions, la baie d'Halong reste grandiose.

Combat_de_coqs__baie_d_Halong

Et puis, c'est ravis qu'on y a retrouve Bernard et Violette (l'oncle et la tante d'Erwan), pour un diner de fruits de mer succulents!

Bernard_et_Violette__Halong

La specialite locale est la mante religieuse de mer, le "be be", sorte de langoustine rotie au gingembre et a la citronnelle. Mr Van Song, le proprietaire du restaurant a d'ailleurs ete notre ange gardien dans cette ville puisque ses precieux conseils nous ont permis de rejoindre sans encombre Ninh Binh, 200 km plus au sud, et surnommee la baie d'Halong terrestre, tout aussi impressionnante avec ses falaises karstiques baignant des rizieres a perte de vue. A cette occasion, on se pose pour dejeuner dans un routier local, ou on nous sert une cuisine sublime et ou, oh surprise, on doit rouler nos nems nous-meme. Un coup d'oeil sur nos voisins, bien imbibes de Vodka, et puis on se lance ce qui ne manque pas de les faire beaucoup rire!

Baie_d_Halong_terrestre__Ninh_Binh

Pour le plaisir des histoires, on ne resiste pas a l'envie de partager une partie de celle dont nous a parle Mr Van Song. Il cherchait a nous expliquer la fete des morts, celebree le 4 avril, une sorte de Toussaint locale. Au Vietnam, comme dans tout les pays bouddhistes d'Asie du Sud-Est, chaque foyer possede une maison des esprits afin d'honorer la memoire des morts et de tenir tranquille les mauvais esprits. Chacune fait l'objet d'offrandes, dont on avait du mal a comprendre pourquoi on y trouvait des photocopies de dollars, et pas seulement de dongs, la monnaie locale. L'explication etait pourtant simple... Le Vietnam s'ouvrant de nos jours de plus en plus vers l'exterieur, les morts ont eux aussi le droit de voyager, mais comment feraient-ils sans dollars? Pas bete!
Apres quelques ballades a velo dans la baie d'Halong terrestre, un bus de nuit, un de plus, nous fait parcourir les 550 km qui nous separent d'Hue, au centre du pays mais amis lecteurs, soyez patients, la suite vous sera contee au prochain episode...

23 mars 2009

Les voyages en bus forment la jeunesse, ils nous auront surtout fait mal aux fesses!

On s'appretait a feter nos 12000 km de bus sans pepin. C'etait trop vite dit. Le 11956eme aura ete celui de notre premiere crevaison... Mais qui restera a peine dans les annales, si ce n'est pour l'aspect de la roue, eclatee! Trente minutes, toujours avec le sourire et l'affaire etait deja bouclee. Trop fort ces chauffeurs et nous revoila sur la route ou apres un detour, que dit-on une infidelite, pour la mysterieuse plaine des jarres, nous contemplons une derniere fois le Mekong au niveau de l'ancienne capitale, Luang Prabang. Precisons pour nos lecteurs, etonnes autant qu'epris de geographie que ce recit comporte une legere falsification; en effet, nos deux "asia-trotteurs" retrouveront le Mekong beaucoup plus au sud du cote de Saigon, ou il sera temps pour eux de regagner le pays des galettes saucisse. "La belle endormie" est sortie bien vite de son sommeil et ceci en l'espace de quelques annees, mais ce n'est que mieux, du moins pour le plaisir des yeux, depuis son classement au patrimoine mondial de l'Unesco qui a vu la renovation de tres nombreuses villas, redonnant a la ville son charme et son eclat d'antan.

Tournee_d_Aumone__petit_matin__Luang_Prabang

Cette etape aura aussi ete l'occasion d'explorer les environs. Fort de notre experience a la plaine des jarres, on ne resiste pas a l'envie de remonter sur un VTT avec pour objectif les chutes de Khuan Si a 35 km de la ville. Les paysages etaient moins pittoresques puisqu'on aurait pu se croire sur les hauteurs de Brehec, la mer en moins, les bambous en plus. Mais les chutes sont magnifiques, la nature y est resplendissante et conservee, alors qu'aux alentours les paysans pratiquent l'essartage, autrement dit la culture sur brulis, et on croise de nombreuses collines devastees par le feu. Enfin, ce fut une etape culinaire... Les noms des plats nous ont deja echappes, mais avec un jus de tamarins, on s'est regale de saucisse de Luang Prabang, de viande de boeuf sechee, d'algues du Mekong au sesame, de puree d'aubergines fumees, et de sauce "sweet and sour" a base de peau de buffle pour accompagner le delicieux sticky rice (=riz collant a manger avec les doigts).

Et puis c'est reparti, nous reprenons la route pour nous acheminer a petits pas vers la frontiere vietnamienne, direction Nong Khiaw, sur les hauteurs de la Nam Ou. Le cafe Lao (cafe + lait concentre) d'une echoppe de la gare routiere etait delicieux mais on n'a pas su y lire l'avenir. Pas de bus ce matin pour ce village, situe a 100 km d'ici, uniquement des sawng-thaew (comprendre camion benne version pick-up). Pire que le tabouret en plastique en guise de strapontin du bus, on nous annonce la couleur: le camion est plein et ce sera donc 4 heures sur une chaise d'enfant en bois plutot instable. Rien de tel que le transport local pour s'impregner de l'ambiance d'un pays!

Sawng_thaew__sur_la_route_de__Nong_Khiaw

A l'oppose de Luang Prabang, Nong Khiaw semble plongee dans une profonde lethargie. Mais bon, avec ses falaises et ses pics karstiques, baignes de brume et qui emergent dans un paysage de rizieres verdoyantes, l'etape se laisse apprecier.

Puis, nous posons nos sacs a dos (de plus en plus lourds) a Udomxai, ville poussiereuse plus chinoise que laotienne ou les camions sont immatricules au Yunnan et les inscriptions traduites dans la langue du grand Timonier. Avouons que la frontiere n'est qu'a une cinquantaine de kilometres. De la, nous prenons la direction de Muang Khua d'ou il est possible de prendre un bus pour Dien Bien Phu.

Reveur__Muang_Khua

Pour finir, selon un proverbe chinois, il n'y a que les fous et les occidentaux qui voyagent. Demystifions immediatement ce qui etait vrai, et encore, du temps de Marco Polo, ne l'est plus tout a fait aujourd'hui. Bien que parfois, au vu de l'etat des routes et de la difficulte pour rejoindre certaines regions reculees de montagne, on se demande s'il ne persiste pas un fond de verite a ce dicton! 

11 mars 2009

Parenthese laotienne

Apres une premiere rencontre a Phnom Penh avec le mythique Mekong, fleuve romantique, colonne vertebrale de l'Asie du sud est, nous ne cessons de le suivre et nous voila a paresser sur ses rives dans le cadre idyllique de l'archipel de Si Phan Don alias les quatre milles iles, si joliment decrites par de nombreux voyageurs rencontres au cours de ce periple. Leur reputation n'est pas vaine, l'univers est enchanteur. Parfois ici le temps s'arrete et le fleuve semble se transformer en ocean, il faut dire qu'a cet endroit sa largeur maximale avoisinne les 14 km. Du fond de nos hamacs, nous le regardons couler lentement vers la lointaine mer de Chine. Le calme et la volupte du lieu se prete fort bien a la farniente et nous ne nous faisons pas prier.

pecheur__4000__iles

Nous trouvons tout de meme le temps d'une escapade matinale a velo sur l'ile de Don Khon qui jouxte celle de Don Det ou nous logeons. Nous suivons l'ex ligne de chemin de fer construite par les francais pour acheminer plus en amont les marchandises, le fleuve etant barre a cet endroit par des chutes d'eau. En fait, de cette ligne, il ne reste que le balaste et une vieille locomotive rouillee. Elle nous mene neanmoins a travers la foret jusqu'a un point de vue magnifique, d'ou il est theoriquement possible d'apercevoir des dauphins de l'Irrawady, cousins de ceux du large, mais dont nous ne verrons pas la moindre nageoire, surement pas un bon jour...
Puis apres un arret a Pakse, pour prendre un bus de nuit, qui une fois n'est pas coutume etait fort confortable, notre remontee du Laos au fil du Mekong se poursuit vers la capitale Vientiane. Le fleuve sert ici de frontiere naturelle avec la moderne Thailande, ancien royaume de Siam, et dont l'influence sur la ville se fait logiquement sentir. Apres un passage oblige par le Pha That Luang, symbole de la ville et une derniere ballade sur les bords du Mekong, nous prendrons demain la direction de Phonsavan et sa celebre plaine des jarres. 

Stupa

8 mars 2009

Heritage au gout amer.

Apres un abord plutot hostile, Phnom Penh se laisse apprecier. D'emblee, rien de bien attractif: 37 degres, architecture delabree, "bouffe de rue" a l'hygiene contestable, marche au poisson et a la viande a l'odeur douteuse, pollution plastique et atmospherique latente... Et puis, on decouvre une perle... au gout amer, le musee Tuol Sleng, qui temoigne avec brio de l'atroce regime khmer rouge de Pol Pot. Selon les pires estimations, un tiers de la population disparut pendant les quatre ans que dura le regime. On decouvre dans les lieux meme de ce qu'ils nommaient un centre de securite, et dont l'histoire n'a retenu qu'une lettre et deux chiffres: S21, un centre de torture et de mise a mort ou les pires atrocites humaines ont ete perpetrees. Saisissant, eprouvant...
Avant de quitter le Cambodge, glissons quelques mots sur la situation politique et economique du pays. En effet, si on veut bien se donner la peine d'y regarder de plus pres, on s'apercoit tres vite que c'est un pays sinistre, le pouvoir khmer rouge et la guerre civile ayant laisse le pays dans un etat deplorable. A l'ouest, en allant vers la frontiere thailandaise, une grande partie des terres agricoles est rendue inexploitable par la presence de mines. La corruption gangrene le systeme politique et administratif a tous les niveaux. On en veut pour exemple le proces de Douch, tristement celebre pour avoir dirige le S21, qui se tient en ce moment meme, et dont le personnel cambodgien devait, selon l'ONU, reverser une partie de leurs remunerations aux autorites sous forme de pot de vin. Malgre leur gentillesse, on ne peut egalement pas passer a cote du travail des enfants qu'ils soient cireurs de chaussures a Phnom Penh, vendeurs de fruits sur le bord de la route ou de cartes postales a Angkor. En plus de quatre mois de voyage, c'est la premiere fois que nous le rencontrons de facon aussi flagrante et ceci reflete bien l'etat de misere d'une certaine partie de la population.
Nous quittons le pays par voie terrestre direction le Laos. A cette occasion, nous avons certainement traverse la frontiere la plus pittoresque de tout le voyage. Elle est en effet constituee, en tout et pour tout, de deux cabanes en bois perdues au milieu de nulle part et bordant la route.

frontiere_entre_le_Cambodge_et_le_Laos

Ah, on oubliait le sempiternel backchich aux douaniers, 1 dollar par personne et ceci de chaque cote qu'ils ont l'air de convertir rapidement en "beer lao" (photos a l'appui) au vu du nombre de cadavres de bieres abandonnees a proximite de leur guerite. On vous avait dit corruption...

beer_lao

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27 février 2009

"La Voie Royale"

Soo-a s'day!

Jamais simple de passer les frontieres mais l'expérience de celle du Cambodge, au niveau d'Aryana Prathet-Poipet, nous aura fait prendre une bonne douche froide qui, en dépit des températures, n'était pas la bienvenue! Tres vite on comprend que corruption est maitre-mot et s'étend jusqu'aux autorités, difficile alors de s'en dépatouiller... Tout commence au consulat de la frontiere par un calcul mathematique a faire palir plus d'un professeur, ou comment convertir 20 dollars (Prix officiel a Phnom Penh soit 16 euros) en 25 euros sans utiliser de coefficient multiplicateur. En pratique, ca fait surtout 18 euros dans la poche des employés et un rictus amer pour notre porte-monnaie. Mais ce n'est qu'une broutille en regard de la mafia des transports qui regne quelques kilometres plus loin. Le trajet gratuit entre la frontiere et la "soi-disant'' gare-routiere aurait du nous mettre la puce a l'oreille, mais tout est devenu tres clair lorsqu'on a découvert cette gare, spéciale touristes, gigantesque et flambant neuve, dénotant fortement avec les alentours déserts. Le choix est maigre, un taxi a 50$ ou un bus, et un seul, a 10$ par personne (le double du prix) pour rejoindre Siem Reap a la lisiere d'Angkor. 5 heures de route a vitesse d'escargot, pour un trajet réputé réalisable en 3 heures, dont 1 heure d'arret au restaurant de la "cousine" pour un en-cas, et le bus nous dépose a 8 km de la ville, au milieu de nulle-part et surtout devant une armée de tuk-tuk prets a nous manger a leur sauce. Ils nous demandent 12$ alors qu'on ne veut payer que 2,5$, somme déja importante. Apres une apre négociation, parfois électrique voire méchante envers d'autres touristes, on rejoint le centre-ville de Siem Reap, pressés de rejoindre Caroline et Fabrice, nos amis nantais, qui viennent de passer deux mois entre Laos et Cambodge. Tout ca vous semblera sans doute derisoire vu de la France, mais pour un voyageur au long cours, payer les vrais prix est un principe primordial. Qui veut aller loin menage son portefeuille, mais pas seulement...

Le coeur vite réchauffé par la gentillesse et la bonne humeur des Cambodgiens, on découvre, a bicyclette, la magie de la ville d'Angkor, capitale de la dynastie des puissants rois khmers du 9 au 12eme siecle, dont la population de l'époque est évaluée a pres d'un million d'habitants alors que Paris a la meme période n'en dénombrait que 100 000. Chaque temple nous émerveille et nous fascine tant ils sont différents. Le Banteay Srei se mérite, 80 km a vélo aller-retour; précisons que le terrain n'a rien a envier aux Pays-Bas! Pour l'anecdote, c'est ici que Malraux, du temps de sa jeunesse aventureuse et bien avant qu'il ne devienne ministre de la culture, déroba des apsaras (danseuses) ce qui lui valu d'etre arreté et emprisonné a Phnom Penh. A sa décharge, on notera qu'il était homme de gout, et qu'il ne s'y était pas trompé.. ce temple étant un des plus beaux et des plus raffinés du site.

Apsara

Si Angkor Vat, temple dédié au dieu hindou Vishnou, le plus célebre d'entre eux, n'a pas a palir devant ses voisins, on gardera une petite préférence pour le Bayon, connu pour ses visages pointant dans toutes les directions et symbolisant la main-mise du roi sur l'ensemble des provinces de l'empire Khmer qui englobait a son apogée, outre le Cambodge, une partie de la Thailande, de la Birmanie, du Laos et du Vietnam actuels.

Angkor__Bayon

Mais n'oublions pas le Ta Prohm, temple envahi par la végétation, notamment par d'imposants fromagers dont les racines s'enchevetrent entre les blocs de gres, qui possede un charme indéniable en fin d'apres-midi.

Angkor__fromager

Avant de clore cette étape Angkorienne, quelques mots sur les plaisirs de la cuisine cambodgienne, notamment le succulent Amok: citronelle, piment, lait de coco... et au choix crevettes ou poulet,  un vrai régal pour les papilles ou encore du jus de canne a sucre agrementé d'un zest d'orange, désaltérant a souhait!

21 février 2009

Lost in translation...four days in Bangkok

Vu qu'on avait reussi la prouesse de passer une semaine a Phuket sans voir la mer a l'exception d'une ballade dans la baie de Phang Nga, pour notre dernier jour, nous decidons d'y remedier. Aussitot dit, aussitot fait, nous voila a l'arriere d'un sawngthaew, pick-up bache ou sont disposes deux bancs en vis a vis qui fait office de taxi collectif; prochain arret Hat Nai Han, plage situee a l'extreme sud de l'ile. Une fois arrives, la plage fait tellement peur, imaginez 300 parasols et chaises longues alignes entre la mer et les salons de massage (parait que c'est la plus sauvage de l'ile), que nous nous dirigeons a pied vers le cap de Phromthep en esperant bien trouver en chemin une plage deserte comme sur les cartes postales. Une fois a la pointe nos espoirs sont combles, non seulement le site est magnifique, mais nous decouvrons egalement une petite crique de sable blanc avec pour seule compagnie un pecheur et un voilier au mouillage. Du coup, on s'attarde et on loupe le dernier bus. Grave erreur, qui nous vaut 20 km de marche, en tong et de nuit, sur la bande d'arret d'urgence de la 4x4 voies qui relie Rawai a Phuket ville. Arrivee 23h, les pieds en compote et les jambes aux soins intensifs...

Phuket__seul_au_monde

Sur ces mots, passons sans transition a Bangkok, megalopole moderne, polluee et survoltee. A priori, c'est une ville difficile d'abord, tant la chaleur moite est saisissante. Il parait qu'ici, il y a trois saisons, celle ou il fait chaud, celle ou il fait tres chaud et celle ou il fait trop chaud. Dire qu'en ce moment il fait juste chaud!!! Deja nos corps ne sont plus que des machines, epuisant leur energie a mettre un pied devant l'autre et n'appreciant guere que le moment sacre de la douche; liquide de refroidissement salvateur. Vu d'ici la Bretagne ressemble a un pays climatise... Pourtant si tout le monde s'accorde pour dire qu'elle n'est pas la plus belle ville du monde, elle n'en possede pas moins un certain interet. D'abord pour l'ambiance qui y regne, paradis du shopping dont le centre ville est truffe de grattes ciels ou s'imbriquent restos, cinemas, boutiques de telephonie ou de fringues en tout genre.

Bangkok

Ensuite, si on a fui Banglamphu, le quartier touristique, une sorte de Thamel Thailandais, ca nous a pas empeche de visiter les sites d'exception, le palais royal plutot joli, mais aussi de tomber sur quelques petits tresors. Notre prefere restera sans doute la maison de Jim Thompson, architecte americain, membre de l'OSS (ancetre de la CIA) pendant la seconde guerre mondiale et dont la disparition en Malaisie en 1967 reste entouree d'un epais mystere. Il fit entrer la soie thailandaise dans les plus grandes maisons de couture, et voulut faire de sa demeure du centre de Bangkok un exemple d'architecture Thai. Il assembla pour cela pas moins de six maisons traditionnelles, la plupart en thek.

Bangkok__maison_de_Jim_Thompson

Enfin on ne peut quitter Bangkok sans fouiner dans les allees de son celebre et immense marche du week-end de Chatuchak. Ici on trouve vraiment tout sauf bien evidemment ce que l'on cherche, des tas de pompes de seconde main aux merous vivants en passant par le costume "top tendance" pour caniche, sans oublier les stands de fringues tendance dont raffolent les thailandais.

Bangkok__pile_de_chaussures_d_occasion__marche_de_Chatuchak

Ne nous enflammons pas, Bangkok ne restera qu'une escale dans notre voyage, en attendant d'autres aventures au Cambodge. Pour finir on versera quand meme une petite larme pour notre renault 21, voiture qui nous suit depuis plus de dix ans, dont on apprend a l'instant le deces (p... de controle technique). Dire qu'on ne pourra meme pas assister aux funerailles pour cause de deplacement a l'etranger.

13 février 2009

Apres 2 semaines de vacances bien meritees, nous revoila sur la toile: ben quoi, on a bien le droit de se reposer un peu!

Une fouille au corps militaire, 5 heures d'avion, 4 heures d'attente a Bombay, et une grosse frayeur en voyant nos bagages, censes transites directement en Thailande, sur le tapis roulant de l'aeroport de Bombay, plus tard, nous prenons un nouveau depart dans notre voyage.

Maintenant, la question est par ou commencer? Le plus simple etant de commencer par le debut, nous comencerons donc par Bangkok... Ah, non, ca on se le garde pour la fin car on doit y repasser. Commencons donc par Kanchanaburi, petite ville du nord-ouest a la frontiere avec le Myanmar (Birmanie) ou se trouve le celebre pont de la riviere Kwai. Le pont ressemble a... un pont (!), mais l'histoire de sa construction est fort interessante et nous replonge en plein coeur de la seconde guerre mondiale, qui etait comme son nom l'indique mondiale, et non limitee a la ligne Maginot! Les japonais, qui occupaient la Thailande, revaient de lancer une offensive vers l'Inde anglaise, via la Birmanie. Pour cela, il fallait acheminer le materiel par voie terrestre, la voie maritime etant trop incertaine. Le relief etant fortement accidente, et la mousson importante, le rail s'averait la meilleure solution mais necessitait de franchir un col, celui des 3 pagodes, et la construction de 8 ponts, dont un seul sur le territoire thailandais, celui de la riviere Kwai. Ce n'est pas tant la difficulte technique, mais la rapidite par laquelle cette voie fut achevee qui surprit. Et c'est bien la le probleme, qui ajoute aux conditions de travail effroyables (paludisme, cholera, malnutrition, maltraitance physique, ...) fit qu'on le surnomma le "death railway". litteralement le chemin de fer de la mort. On estime que plus de 100 000 ouvriers perirent, dont 10% de prisonniers de guerre (Anglais, Neerlandais, Australiens, ... d'ou le film!).

Pont_de_la_riviere_Kwai

Apres cette parenthese historique, nous avons pris l'autoroute du sud avec un premier arret a la station Koh Tao, petite ile du golfe de la Thailande, situee au nord de la celebre Koh Samui. Koh Tao, "l'ile aux tortues", mais desertee depuis longtemps par celle-ci au profit des anglais, Americains, Australiens... qui ont tous pour points communs d'etre blonds et tatoues et de parader au "guidon" d'un scooter ou d'un quad!!! Et on doit bien le reconnaitre, quelques francais aussi... Loin des plages a touristes, l'ile se laisse apprecier, et on ne peut vous cacher qu'elle est vraiment belle. On y a surtout fait de la plongee, et la que ce soit en bouteille ou en PMT (palmes, masque, tuba pour les novices), c'est magnifique. On n'y a bien sur pas vu de requins baleines comme le vantent les brochures des hotels et les cartes postales, mais des centaines de poissons plus colores les uns que les autres. Citons quelques especes que l'on a pu observer: merous, barracudas, poissons papillons de toutes sortes, poissons clowns, superbes nudibranches, benitiers et autres coraux... et meme des requins de recif a pointe noire!

Koh_Tao__freedom_beach

Apres une seconde nuit a bord d'un "night-boat", qui ressemble plus, il faut l'avouer, a une barge du debarquement, la Normandie en moins, qu'a un bateau, nous avons repris la route direction les iles de la mer d'Andaman, avec pour premiere etape Phuket. On ne savait pas trop quoi penser de cette ile, autant decriee que vantee selon a qui l'on s'adresse. Nous decidons d'elire domicile a Phuket ville dans une ancienne maison de commercant chinois, reconvertie en guest-house.... et surtout loin des plages de la cote ouest bordees de bars a filles et de restaurants a touristes, qui n'ont rien a voir avec la Thailande des Thailandais. Ici, on se laisse aller a flaner au gre de nos envies dans les rues de la vieille ville dont l'architecture sino-portugaise nous renvoie a son glorieux passe, au temps ou elle etait une plaque tournante du commerce entre l'Inde, les pays Arabes, l'Europe et la Chine.

james_bond_island

Pour conclure, la Thailande contraste fortement avec nos 3 mois d'experience en tant que globe-trotteurs independants, et nous laisse encore perplexes. D'abord, parce que ce que nous reprochions a l'Inde de manquer cruellement, est ici plutot en exces et rend nos periples plus compliques... L'organisation est debordante, et sortir des sentiers battus peut relever du "casse-tete thailandais". 5 bus qui vous deposent au milieu d'une ville inconnue, voire sur le bord de l'autoroute, 3 taxis-collectifs, 1 moto-taxi et un bateau... c'est pas moins que ce qu'il nous a fallut pour passer de Kanchanaburi a Koh Tao, sans rejoindre la capitale... soit environ 500 km et 11 heures de trajet! Ensuite, et surtout, car c'est un pays a deux visages. Le premier, celui qui nous donnerait l'envie furieuse de fuir, c'est celui des nombreuses plages des iles... qui refletent une Europe tropicalisee, gorgee de "fils a papa", et de vieux bedonnants solitaires en mal de gogos-danseuses, et ou il est plus facile de louer un quad qu'un velo, ou encore de manger une pizza plutot que du Tofu! Le deuxieme, celui que l'on aime, c'est surtout un mode de vie, une ambiance. On flanerait des heures et des heures sur les marches et le long des stands des marchands de rue a deguster brochettes, hawy thawt (moules frites dans des oeufs battus), palourdes... et meme, a notre grand plaisir, de delicieux petits gateaux!

Phuket_ville__street_food

25 janvier 2009

La ou vos 2 globe-trotteurs preferes prennent de l'altitude avant de replonger vers la magie de Pondichery.

Munnar, perchee a 1600m d'altitude, station climatique pour les indiens, est pour nous l'occasion de decouvrir les plantations de the. Si le theier, Camelia sinensis, est originaire d'Asie, sa culture n'est absolument pas traditionnelle, mais fut imposee par les colons anglais au 19 siecle, souhaitant contrebalancer le monopole chinois. C'est quasiment chose faite aujourd'hui puisque la Chine et l'Inde se partagent le siege de leader mondial, 60% de la production a eux deux. Nous ne sommes pas ici dans les grands crus, tel que Darjeeling, mais plutot dans l'univers industriel du the "Tata". Et oui, revers de l'histoire plutot caustique, l'anglais Tetley, ancien proprietaire, a ete rachete en l'an 2000 par le geant indien... Ici, les plantations se donnent en spectacle, des collines et des collines tapissees d'arbres a the tailles methodiquement. L'harmonie est maitre-mot, et notre regard glisse sur ses courbes quasi-parfaites..

Munnar

Sur la route qui nous mene au parc national de Peryar, les plantations d'epices se succedent. Le professeur Erwan et sa jeune botaniste en herbe sont aux anges. Apres Munnar et sa passionnante etude du the, que pouvait-on rever de mieux que le roi et la reine du Malabar? Le roi, c'est le poivre... Vert, blanc, noir ou rouge, meme plante. Ce qui les differencie c'est leur degre de maturite et de sechage. La reine, c'est la cardamone... La 3eme epice la plus chere apres le safran et la vanille. La plante est majestueuse, mais comment decrire les odeurs qui s'echappent des entrepots ou les femmes en trient les fruits?... On n'en oublierait presque l'application que mettent certaines personnes a toujours vouloir nous berner. On restera frustre du peu de relations que l'on a pu etablir avec la population.
Quant a la ballade dans la reserve naturelle de Peryar, elle n'a pas le charme de celle du Nepal, mais reste neanmoins sympathique. D'habitude, on prefere marcher mais decourages par l'idee d'etre encadres par deux vigiles et leurs fusils a elephants, nous nous rabattons sur le bateau. Aujourd'hui, Ganesh, le dieu hindou des voyageurs. est avec nous. En plus d'une faune ornithologique riche, d'un bison indien, et de quelques familles de sangliers, on a la chance d'apercevoir un troupeau d'elephants sauvages.

elephants

Et hop, un dernier bus longue distance et nous voila a Pondichery, perle de la cote de Coromandel. A l'instar de Pierre Loti, et pour notre derniere etape en Inde, on ne saurait resister au charme si particulier de cette ville... sans doute, parce qu'apres trois mois de vie tropicale, on apprecie davantage son influence francaise. Au decours de ballades, on s'amuse du cadastre coupe au cordeau, de ses rues dont les noms ne nous sont pas inconnus, meme si nombre d'entre elles ont ete rebaptisees: Rue Dupleix, rue Romain Rolland, rue St-Louis, et meme un compatriote, un denomme Surcouf!...

Pondicherry__corner

c'est sans parler de la boulangerie "baker street" qui nous regale chaque matin de ses croissants aux amandes, succulents! Et quand on ne se ballade pas, on devore avec delice les pages des livres des editions Kailash, une petite maison d'edition, basee entre Paris et Pondichery. Pierre Loti, Maurice Magre, Frederic Marignacce,... Un vrai regal litteraire!

Pondicherry__Good_luck

La conclusion est proche. En effet, apres 2 paires de claquettes usees jusqu'a la plante des pieds, plus de 7000 km au compteur, et pres de 15 kg perdus a nous deux (on se gardera bien de vous preciser qui en avait le plus a perdre), c'est des images plein la tete que nous nous appretons a quitter le sous-continent indien  en direction de l'Asie du sud-est, pour de nouvelles aventures.

14 janvier 2009

Vers le sud.

Apres deux semaines sur la plage, rien de tel qu'un peu de culture pour se remettre en forme. Nous reprenons le chemin de la gare routiere avec pour objectif les ruines d'Hampi. Le site est magnifique; imaginez de gros blocs de granit rose poses les uns sur les autres, entre lesquels serpente une riviere, rajoutez-y quelques bananeraies et cocoteraies et bien sur des dizaines et des dizaines de temples et vous obtenez Hampi; un site archeologique immense, capitale des rois hindous Vijayanagar aux 15 et 16emes siecles dont l'essor fut stoppe par les raids musulmans en 1565. Des temples, encore une fois tres beaux, mais dont on n'approfondira pas le contexte, tant l'hindouisme est complexe vu de loin et depasse nos capacites synaptiques... Cette etape nous aura egalement permis de rencontrer Abel et Caroline, et c'etait plutot sympa de faire un tout petit bout de chemin ensemble!

Hampi__vue_de_la_riviere

Parce qu'il fallait faire une halte sur la route du Kerala, un bus local, 300 km et 14 heures de trajet, nous depose a Mysore. Meme si nos sacrums n'ont pas manque de nous rappeler la longueur et la lenteur du trajet, c'est aussi un moyen d'apprecier la vie quotidienne locale.. Mysore, quant-a-elle, a une reputation plutot antipathique aupres des touristes mais n'en possede pas moins quelques atouts interessants. Le plus connu est sans doute le palais du Maharaja, qui par sa demesure en fait un des plus extravagants d'Inde. Le melange des styles indo-aryen, moghol et occidental nous a paru un peu trop rococco mais il n'en reste pas moins delirant! De cette ville, on gardera surtout le souvenir de son marche, le Devaraja Market, qui une fois n'est pas coutume en Inde est relativement facile d'acces puisque situe en plein centre. Quel plaisir de flaner dans ses allees, de passer aux fils de ses envies d'un etal de fleurs coupees vendues au kilo a celui d'un maraicher, de se faire alpaguer par un vendeur de 'kumkum' gesticulant devant ses monticules colores, ou encore de s'arreter quelques instants devant une echoppe d'ou s'echappe une multitude d'odeurs epicees. Bonne entree en matiere avant d'aborder la cote de Malabar et ses comptoirs d'epices!

Mysore__Devaraja_market

Une nuit de bus plus tard et nous voila a Cochin, qui se divise desormais en quatre quartiers dont Fort-Cochin, le quartier historique ou debarqua Vasco De Gama en 1497 apres une escale a Calicut. La ville fut rendue celebre par les portugais qui en firent un de leurs comptoirs. Chaque annee, et ceci pendant plus de 400 ans, un convoi de navires mettait le cap sur Lisbonne, via Bonne Esperance, les cales chargees d'epices: poivre noir du Kerala, gingembre de Calicut, muscade et clous de girofle des Moluques, cannelle de Ceylan... On trouve encore aujourd'hui a Fort-Cochin le long de Calvathy road de nombreux grossistes en epices, leurs entrepots donnant d'une part sur les quais,de l'autre sur la rue. C'est qu'il ne faut pas oublier que Cochin est avant tout un grand port de commerce, ou sont amarres des cargos dont les immatriculations font rever: Hong-Kong, Manille, Djakarta, et on en passe... On les imagine volontiers repartir a la nuit tombee vers des destinations connues d'eux seuls, leurs ventres gonfles de caisses de the ou de ballots de riz. La realite est plus triviale, les porte-containers geants ayant remplace depuis fort longtemps les clippers anglais! Pour notre bref sejour, on choisit donc le quartier historique, Fort-Cochin dont il reste a ce jour quelques maisons temoignant de la richesse des negociants d'antan. Quartier paisible, qui a su s'adapter au tourisme, il nous offre une etape culinaire assez deconcertante. On nous avait prevenu, mais on doit reconnaitre que nos papilles ont ete conquises, a la hauteur de tout ce que l'Inde semble posseder comme atout. On decouvre enfin des epices et des thes a la hauteur de leur renommee; c'est paradoxal, mais en Inde, grand exportateur mondial de the, on ne trouve que du the en sachet! On aime aussi l'accent mis ici sur les librairies et la culture en general. Le taux de scolarisation est proche de 100%, un record en Inde et ca se ressent. On gardera en memoire quelques scenes insolites: le tournage d'un film de Bollywood (memorable!), et la manifestation contre Israel qui nous renvoie a l'actualite mondiale. On oubliait le quartier juif, sa synagogue, que nous ne pourrons visiter (le vendredi, c'est Shabbat), et ses nombreux antiquaires. Enfin, sur la jetee, alors qu'a quelques metres les cargos du monde entier s'enfoncent dans la rade, les pecheurs a la ligne, du haut de leurs barques, ramenent les poissons du jour aux mareyeurs. Thons, poulpes, Kingfishs, daurades coryphenes, barracudas, etc... sont vendus au plus offrant, peses puis transportes en camion frigorifique. L'affaire semble juteuse si l'on en juge par le nombre de billets qui transitent de main en main et la jovialite des negociants en fin de criee. On se croirait en plein coeur d'un reportage de Thalassa... Georges Pernoud, si tu nous lis (!), bon vent en mer d'Oman!

Fort_Cochin__Pecheurs 

 

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